Réligion et Culture

Azonto ou les origines d’une danse qui fait polémique !

Elle a été sans doute la danse des vacances 2012 dans plusieurs pays africains. Venue du Ghana la danse Azonto s’est répandue sur le continent noir et au-delà comme de la poudre dans l’air. Cependant les origines douteuses de la musique suscitent une méfiance des responsables d’églises Ghanéennes. Tout comme ces responsables, une partie de la population estime à tort ou à travers que la danse a des origines sataniques ou immorales et doit être interdite dans les lieux d’adoration. Ce raisonnement n’est pas partagé par les Ghanéens qui consomment sans modération le produit national dont ils sont fiers.

Beaucoup de togolais ont connu récemment la danse avec le clip vidéo de Tiffany et Fuse ODG. Et pourtant la danse existait depuis les années 2000. Autrefois appelé Appa (qui veut dire travail), la danse créée dans le sud du Ghana (Bukom, Chorkor et James Town) décrivait les activités quotidiennes de la population. C’est ainsi qu’on pouvait voir les danseurs imiter un boxeur, un conducteur de véhicule ou encore une femme entrain de faire la lessive. Azonto sera par la suite stylée puis partagée aux quatre coins du globe. L’un des promoteurs sur le plan international de cette danse sans aucun doute est l’international Ghanéen Gyan Asamoah, qui en faisait une démonstration après chaque but marqué dans son club.

Azonto semble fouler à terre toute considération. Elle fascine tout le monde (enfant jeune ou encore adultes) et se danse dans les boites de nuits, lors des anniversaires, mariages et même dans les églises. Ce dernier cadre n’est pas totalement favorable à la « tempête qui emporte tout sur son passage ». Très tôt certains responsables religieux ont attiré l’attention de leurs fidèles sur les origines « douteuses » d’Azonto.

Le pasteur Nelson Yaw Ekor de l’église « the Global Evangelical Church » dénonçait le caractère « sexuellement suggestif » de la danse Azonto. Dans une interview accordée aux confrères de « Daily Guide », l’homme de Dieu est en faveur d’une interdiction de la danse dans les églises. « Je pense que cette danse a un caractère sexuellement suggestif surtout que nous ne connaissons pas le sens d’ Azonto et que nous ne sommes pas sûr de la source. Nous n’avons pas besoin de fabriquer toutes sortes de danses à la gloire de Dieu, a-t-il déclaré. Avant le pasteur Nelson Ekor, le site http://ghleak.blogspot.com avait publié une révélation sur la danse Azonto : « Un frère religieux a eu une vision de l’ Esprit Saint sur Azonto Dance. Selon lui, Azonto est une manipulation de marionnettes où un démon attache une corde aux mains et aux jambes d’un individu et les manipule afin de contrôler la personne à danser AZONTO… »

Dans un article titré « AZONTO signifie la prostitution », le musicien et instrumentiste ghanéen Azonko Simpi a déploré l’audience de la danse auprès des jeunes. Selon ses recherches, Azonto est « la pire forme de prostitution ».

Rappelons cependant que les avis sont partagés sur la question. Le pasteur principal de l’Eglise de « Nasem University » ne trouve aucun mal en dansant en dehors de l’Eglise Azonto pour remercier Dieu pour ses bienfaits. « Comment David a-t-il dansé devant l’arche du Seigneur au grand dam de ses concubines ? » A-t-il demandé. « La Bible dit qu’il est même allé à moitié nu. Et la Bible a dit que quoi que nous fassions, si nous mangeons ou buvons ou dansons, que nous devrions faire tout pour la gloire de Dieu ».

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