Politique

Enquêtes sur les actes terroristes contre les marchés de Lomé et de Kara

La présomption d’innocence, au titre de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, est un principe qui permet au juge de protéger les personnes suspectées comme auteurs de divers crimes ou délits de droits communs. Elle n’est pas exclusive, de facto, de la responsabilité des personnes inculpées. L’inculpation étant basée sur l’appréciation, de la part du juge instructeur, d’éléments concordants prouvant l’implication des personnes accusées dans les actes criminels objets de a procédure criminelle comme c’est le cas des incendies de Kara et de Lomé. Dans un pays où l’opposition sait définir, développer et assumer son rôle, elle ne fait pas d’amalgame entre le militantisme et la citoyenneté.

Lorsque le militant cesse divorce avec ses obligations de contribuer à la protection des droits individuels et collectifs, autrement dit lorsqu’il va au-delà de l’abstention coupable jusqu’à favoriser la complaisance envers les crimes tels que les actes terroristes qui ont frappé le cœur de l’économie togolaise en janvier 2013, un tel faux militant doit être suspendu des activités de son parti jusqu’à ce que son innocence soit prouvée. Le parti politique ne devrait ainsi pas être un refuge pour les porteurs de stigmates de délinquance, fussent-ils des leaders. La Charte des Partis Politique au Togo est claire : un parti politique n’est créé que par des citoyens de bonne moralité, jouissant de leurs droits civils et politiques. En d’autres termes, si des individus ont tout mis en œuvre pour dissimuler les activités criminelles pour tromper la vigilance du législateur et des pouvoirs publics, leur formation peut être suspendue pour trouble à l’ordre public, groupement de malfaiteurs et actes terroristes.

En vérité, dans l’affaire des incendies criminels perpétrés à Kara et à Lomé, les réactions de quelques acteurs étrangers, notamment celle du Parti socialiste français, n’ont été qu’une transfusion virale à des suspects qui ne sont pas forcément des animaux venimeux. Me Dodji Apévon, avocat des avocats inculpés et l’inculpé Zeus Ajavon ont fait la démonstration de la pire logique des logiques syllogistiques, en prenant la lettre mystérieuse de Toussaint Tomety alias Mohammed Loum, pour une sentence. Avant de s’interroger sur le fond de la lettre – si elle a existé –, le moindre exercice de recherche de la vérité sur la lettre-fiction ou lettre fictive aurait consisté pour ces avocats « émérites », à se poser la question de savoir pourquoi cet inculpé n’a pas adressé le même courrier ni au Procureur de la République, ni à ses avocats.

Jean-Pierre Fabre a très tôt crié à la victimisation, et s’est autoproclamé Procureur de l’affaire, pardon, Procureur de la République, aidé par le diffuseur des contestations.

En investigation, lorsqu’un témoin ou un inculpé – quand il s’agit d’une affaire pénale comme celle des incendies de Kara et de Lomé – revient « spectaculairement » sur ses déclarations, on doit douter de lui plus que lui faire confiance, tout doute légitime sur la première version étant ainsi divisé par deux. Sans même faire référence au rôle joué par Tony Sodji, Liberté ne dit pas si les capitaines Akakpo, Yanani et Agbenda que le journal présente comme manipulateurs de Toussaint Tomety alias Mohammed Loum, avaient planifié et enterré des cocktails Molotov et autres objets de violences et destruction déterrés dans l’enceinte du siège du CST.

La parution chaque jour d’une publication fait d’elle un quotidien, mais quelle information est-elle publiée au quotidien ? Dans une affaire aussi sensible que celle pour laquelle les enquêteurs mais aussi les victimes recherchent la source du crime et ses auteurs, les journalistes ne peuvent pas se livrer au tripatouillage des déclarations conçues et attribuées à tort à un inculpé, pour bouiller les pistes à explorer. La pseudo-lettre publiée par Liberté le 22 mars, si elle a existé, n’est que moins authentique qu’une « photocopie non légalisée d’un document non signé », expression chère à l’autre Zeus du CST. Il est non seulement il est nul, mais aussi engage-t-il la responsabilité de celui qui l’a conçu de toutes pièces pour nuire à l’opinion. Lorsque l’enquête s’intéressera à rechercher le mobile de l’auteur de la publication de fausse nouvelle, aura-t-on besoin de crier au musellement de la liberté de presse ?

Quant à Tony Sodji, journaliste de son état, il est connu pour son professionnalisme et, en tant qu’il n’a été l’objet d’aucune pression, ne pouvait en aucune manière livrer ses sources, jusqu’à faciliter l’arrestation de Toussaint Tomety alias Mohammed Loum. Contacté, il déclare ne pas connaître les officiers de gendarmerie cités dans la lettre. Les informations contenues dans le fac-similé reproduit par Liberté ne sont pas plus plausibles que les déclarations de Zeus Ajavon, qui avait déclaré avoir vu des véhicules avec des hommes armés qui auraient forcé les portes du Grand marché de Lomé la nuit du deuxième incendie criminel. Ajavon n’a pas encore été entendu sur cette déclaration, pour aider l’opinion et l’enquête à savoir si c’est depuis sa résidence de la Caisse qu’il a aperçu ces véhicules ou s’il veillait déjà pour « sécuriser » le grand marché après les incendies de Kara. Et alors, l’occasion sera donnée de lui demander pourquoi il n’avait pas trouvé utile d’alerter les forces de sécurité publique. Peut-être avait-il reconnu les siens qu’il ne pouvait pas dénoncer ?!

En attendant que Toussaint Tomety dise aux enquêteurs laquelle des deux versions est originale et sincère et contient la vérité, nos investigations se poursuivent sur les allégations attribuées à l’inculpé et selon lesquelles on lui aurait remis de l’argent pour charger les responsables du CST. Qui aurait-il remis de l’argent et combien ? Peut-être Mohammed Loum exposera son butin avant chasse. Les Togolais concluront si Liberté est sérieux dans le mensonge ou s’il fait le mensonge dans le sérieux.

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