Interview - Analyse

Interview : Docteur Aubin Thon et la Togolese Foundation

Docteur Aubin Thon

Docteur Aubin Thon et la Togolese Foundation en tournée de sensibilisation de la diaspora togolaise pour la grande semaine de la diaspora

 

Dans le cadre de sa tournée africaine pour la sensibilisation de la diaspora, une délégation de la Togolese Foundation conduite par son Président-Fondateur, était au Sénégal, au Bénin et au Niger, les mois de juin et de juillet. A son retour le Dr Aubin Kodjovi Acohin Thon se confie à la presse. Lisons plutôt.

 

Bonjour Docteur, comment se porte la diaspora togolaise au Niger, au Bénin, au Sénégal, en France et aux USA ?

Nos frères Togolais de ces pays se portent bien. Certains mieux que d’autres, mais tous bien. Il est vrai beaucoup se plaignent des soins réservés à eux par les pays d’accueil, mais il s’agit généralement de quelques rares cas. Surtout qu’il s’agit de la zone CEDEAO pour ce qui concerne l’Afrique de l’ouest. Selon mon avis, il n’y a pas grande différence entre la diaspora togolaise vivant en Afrique et en occident car les problèmes sont les mêmes.

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Certains pensent que les diasporas togolaises dans chaque pays, présentent des particularités. Êtes-vous de cet avis, après votre tournée ?

Oui et non. Premièrement les Togolais sont les mêmes et ont les mêmes réputations. Que l’on vive à Pasadena aux USA ou à Dakar au Sénégal ou encore à Niamey au Niger, ils présentent des similitudes. Le respect, la non-brutalité, le sens du travail bien fait etc. Mais il faut reconnaître que compte tenu des facteurs holographiques et homographiques et aussi des conditions de vie dans les pays d’accueil, on peut développer des particularités mais cela ne change rien en nous en tant que Togolais. Ce que j’ai remarqué, c’est que l’empreinte togolaise reste la même partout.

 

Au cours de votre tournée, quelle a été la substance du message que vous leur avez adressé ?

Dès sa création, la Togolese Foundation a toujours délivré le même message. Il s’agit d’un appel de la diaspora à s’intéresser de plus en plus au bercail. Evidemment c’est au nom de cet enjeu que nous organisons depuis l’année passée la Grande Semaine de la Diaspora. Il va sans dire que la manière de s’intéresser au pays peut différer d’un togolais à un autre. Mais ce que nous souhaitons et ce pour quoi nous luttons, c’est la fédération des actions de la diaspora. Supposons que la diaspora togolaise évaluée entre 1,5 et 2 millions d’âmes, organisait un appel de fonds et que chacun d’entre eux donnais 1 euro ou 1 dollars par mois, vous imaginez en substance ce que cela donnerait ? Cet argent pourrait permettre aux Togolais eux-mêmes de faire leur route, de construire les hôpitaux, de financer de grands projets de recherches et de business, etc. Au-delà de ça, il y a aussi l’aspect du transfert de compétence. Nous disposons de milliers de Togolais ultra compétents dans divers domaines scientifiques dans la diaspora. Pourquoi le Togo n’en profite pas ? Notre message dans ces pays a été de prôner la création d’une faîtière des organisations de Togolais dans la diaspora, un sujet qui a prévalu aux assises de la diaspora togolaise tenue il y a quelque mois.

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Est-ce que vous pensez-vous que votre message est passé ?

Bien sûr que le message est passé. D’abord dès la création de la Togolese Foundation, nous prônions le fédéralisme. Ceci n’est rien d’autre la faîtière dont nous parlons aujourd’hui. Nous avons constaté certaines hésitations. Elles sont dues selon nos frères mêmes aux tromperies et aux marchandages politiques dont ils avaient été victimes de par le passé et à ce qu’ils voient dans les autres pays par rapport à la diaspora. Nous avons cependant réussi à convaincre la grande majorité. D’autre après réflexion nous ont rappelés au téléphone pour nous dire qu’ils nous rejoignent et qu’ils soutiendront les actions de la fondation.

 

Au pays, certains se demandent au nom de quoi vous faites cette tournée. Que leur répondez-vous ?

Je suis étonné par cette question. Je suis un Togolais et fier de l’être. Si par une action, je peux contribuer au développement de mon pays, pourquoi me l’interdire ? De plus, je ne suis pas allé dans ces pays de mon propre gré. J’y suis allé avec le mandat de milliers de Togolais qui se retrouvent dans la Togolese Foundation. Alors, au nom de quoi ? Je dirai plutôt au nom de qui ? Je réponds, au nom des Togolais et au nom de ma volonté d’apporter quelque chose à mon cher pays le Togo.

 

Il y a aussi cet avis selon lequel la diaspora n’est pas assez organisée. Vous qui êtes allé sur le terrain, qu’en dites-vous ?

Les diasporas ont leurs réalités particulières. Certaines sont plus organisées que d’autres. Mais toutes les diasporas togolaises sont plus ou moins organisées. Quelque soit le pays dans lequel vous vous retrouverez, vous discuterez avec un répondant. C’est le signe primaire de la structure. Toutefois, les questions politiques du Togo, les engagements des uns et des autres, les raisons migratoires et les atavismes ancestraux peuvent parfois créer des différends, qui saquent les efforts.

 

Lors de cette tournée, il s’est agi de rencontrer des gens qui ne vous connaissaient pas. Comment avez-vous été reçu ? Nos frères togolais gardent-ils la légendaire hospitalité du Togolais ?

Le Togolais a été éduqué ainsi. C’est une valeur nationale. Je peux vous assurer que partout où nous sommes allés, ils étaient très nombreux à nous accueillir. Malgré leurs occupations. Du cadre à la domestique, ils étaient nombreux. Certains ont même présenté des excuses pour leur absence. Ce ne sont pas des gens qui se trouvent ailleurs. Ce sont des gens tout près de Lomé ce n’ait que la distance qui les sépare de leur pays d’origine.

 

Justement à ce propos, que pensez-vous de la dénomination : Togolais d’ailleurs ?

C’est un terme que je n’affectionne pas vraiment. Je préfère les Togolais à l’extérieur ou mieux la diaspora togolaise. Dire Togolais d’ailleurs, ça me paraît comme dire qu’ils sont étrangers quand ils reviennent. Puisqu’ils sont d’ailleurs. Ils sont Togolais. Ils vivent à l’étranger. Mais cela n’engage que moi, bien évidemment.

 

La thématique de la diaspora n’est pas l’affaire d’une seule personne. Il y a le gouvernement, la société civile dont vous, et la communauté internationale. Vous semblez allé plus loin que les autres. Vous ne le pensez pas ?

Nous semblons allés plus loin, vous avez dit. Cela prouve que nous devons travailler mieux encore. Je ne sais pas si nous sommes allés plus loin. De toute façon, ce n’est pas une compétition. Alors que dire ? Je fais confiance en l’Eternel mon Dieu pour la mission qu’il m’a confiée et je crois en un avenir meilleur du peuple Togolais.

 

Quel est votre mot aux autres diasporas qui vous liront, sans doute ?

Bonjour aux Togolaises et aux Togolais de par le monde entier. La faîtière des organisations de la diaspora n’est pas une affaire personnelle. C’est une affaire de tous. Soyons disponibles et soyons patriotiques. Je vous invite à la Grande Semaine de la Diaspora Togolaise (GSDT) du 21 au 27 juillet 2014 à Lomé. Que Dieu bénisse le Togolais, où qu’il soit !

 

Propos recueillis par E. A. et S.-E. V.

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