Economie

Technologie : le Togolais JX Paulin, une fierté continentale en Chine

J.X Paulin and the mini MIX black

Le développement de l’Afrique passe par son investissement dans les nouvelles technologies. L’homme d’affaire franco-togolais JX Paulin, promoteur MySIMAX en est conscient. Il met ses compétences acquis dans ce secteur après près de deux décennies en Chine au service du continent africain. Sa structure offre des bourses d’étude aux étudiants africains grâce aux partenariats établis avec les grandes écoles du continent. Dans une interview exclusive accordée au site Africa Top Success, l’homme évoque ses origines, ses ambitions pour l’Afrique et son rêve de voir l’Afrique devenir une une « Silicon Valley ».

 

Bonjour JX Paulin. Présentez vous aux lecteurs d’Africa Top Success qui seraient tout comme moi, curieux de savoir la définition de JX.

Quelle est la nature de vos relations avec l’Afrique, principalement avec le Togo ?

Tout d’abord, je remercie Africa Top Success de l’occasion que vous me donner de partager mon expérience avec vos lecteurs.

Les relations qui me lient à l’Afrique et au Togo sont simples : elles sont celles du sang. Je suis le fils d’un Togolais fier et travailleur. Ma mère et lui m’ont transmis la fierté d’être Noir, d’être Africain, et les valeurs du travail. J’ai grandi avec une carte du Togo agrafée sur mon armoire et un poster de l’Afrique sur mon mur.

Qu’est ce qui explique votre retour en Afrique ? Vous avez arrêté un pays et une date pour le démarrage de vos activités en Afrique ?

Mon retour en Afrique s’explique par ma volonté de partager mes expériences et surtout cette approche pragmatique qui a fait le succès de la Chine – ou de Singapour- et a permis de sortir plus de 500 millions de personnes du seuil de pauvreté, et ce en moins de 30 ans. Je suis un Afro-optimiste, persuade de notre potentiel, et pour moi la meilleure façon de le prouver est de m’impliquer entièrement ! Nous avons déjà démarré nos activités au Gabon et allons équiper dès la prochaine rentrée les étudiants des établissements supérieurs AFRAM Guinée Equatoriale, puis AFRAM Gabon. La direction de ces établissements a voulu permettre à ses étudiants de baigner dès maintenant dans les nouvelles technologies nécessaires au monde professionnel de demain, et ce dynamisme leur a valu l’obtention de notre bourse MySIMAX – Le Parcours Chine, récompensant leurs lauréats avec un trimestre d’étude dans une des meilleures universités Chinoises, et ce à nos frais. C’est ça, l’engagement de MySIMAX ! Nous n’avons pas encore arrêté la domiciliation du siège Africain de MySIMAX Inc. Nous étudions encore toutes les possibilités.

Selon vous, quels sont les pays dont le climat est propice aux affaires sur le continent ?

Les pays anglophones Africains sont pour l’instant ceux qui sont le plus propices aux affaires. Ils n’ont pas hérité de cette lourdeur administrative typiquement française qui ralenti- voir même bloque parfois – l’économie de marché et l’entreprenariat. Les pays qui ont su s’en débarrasser sont d’ailleurs ceux qui progressent le plus rapidement sur notre continent. Je pense notamment au Rwanda.

Il est enregistré depuis quelques années le développement des startups en Afrique. Cependant, le continent dépend encore fortement des technologies occidentales, parfois pas adaptées aux réalités africaines. Comment expliquez-vous cette situation ?

C’est la le combat de MySIMAX. Comment peut-on – nous Africains – créer des technologies si nous n’avons même pas accès aux dernières nouveautés ? Ce serait nous demander de gagner la Coupe du Monde de foot en nous livrant des ballons en mousse ! On ne peut s’approcher de ce qu’on ne connaît pas, d’ou notre insistance pour promouvoir l’éducation par tablettes et ainsi propulser l’accès aux connaissances technologiques. Nous ne sommes pas de ceux qui sous-estiment les jeunes Africains et savons pertinemment que – à force d’utiliser nos tablettes tous les jours – nos jeunes commenceront eux aussi à coder, à développer leurs propres applications, leurs propres technologies. Il n’y a aucune honte à utiliser des technologies occidentales et il ne faut surtout pas en faire un problème d’ego. L’important est de savoir les utiliser et les transformer afin qu’elles servent nos intérêts! La Chine le prouve tous les jours…

Mysimax développe des tablettes tactiles adaptées aux différents besoins des pays en développement. Quelles sont les particularités de ces produits et quels impacts peuvent-ils avoir sur les économies africaines ?

Nous développons bien plus que des tablettes. C’est une véritable solution que nous proposons à nos partenaires. Tablettes, accessoires au complet, accès au contenu, veille technologique, formation en Chine, etc.… Nous avons repensé la consumer experience d’un utilisateur de pays en développement, en prenant compte des particularités des régions, de la couverture internet et du niveau global d’éducation. Mais le mot d’ordre de MySIMAX est vraiment « Forward Thinking », ou penser vers l’avant. Et tous nos produits sont basés autour de cela. Bien sûr, nos tablettes MIX Pro ont des processeurs Quad-Core, une mémoire de 48GB, 3G + Téléphone, GPS, cameras avant/arrière, connecteur mini-USB et fonctionnent sous Android. Surtout, notre technologie ne cesse de s’améliorer. L’utilisateur Africain n’est pas un sous-consommateur, encore moins un attardé. Nous refusons de l’imaginer dans le passé et sommes persuadés que nos jeunes ont l’intelligence nécessaire pour sauter des étapes. D’autres pays l’ont très bien fait. Serions-nous plus bêtes ? Je ne le croie pas !

Le moteur de l’économie mondiale tourne au digital. Ce n’est qu’en entrant maintenant dans la course que nos économies pourront en tirer les profits, et ce quelques soient les ressources naturelles du pays. En moins de 5 ans, les résultats seraient déjà visibles : amélioration des compétences de nos jeunes, de leur confiance en eux, impact positive sur le tissu socio-économique du pays mais aussi augmentation des FDI (Foreign Direct Investments), etc. La liste des avantages est longue. Qu’attendent donc les dirigeants de certains pays Africains ? Allons nous encore rester spectateurs d’un monde qui avance sans nous ? Où allons nous enfin réaliser que nous sommes un géant économique qui sommeille ?

 

Plusieurs pays comme le Rwanda, le Kenya ou encore le Burkina Faso investissent dans les TIC pour assurer leur croissance économique. Pensez-vous que l’Afrique pourrait devenir une « Silicon Valley » ?

Haha, vous semblez avoir accès au compte-rendu de nos réunions de travail. Taxez moi d’Afro-optimisme excessif, mais je suis persuade que nous pourrons nous aussi devenir une « Silicon Valley », même si celle-ci n’est axée au début que sur l’Afrique ! Mais en rêver ne signifie pas pour autant y parvenir. C’est la raison pour laquelle nous travaillons conjointement avec les architectes de DBX International sur le design d’un Centre de Recherche et de Développement de l’industrie tactile, que nous pourrions réaliser dans le pays Africain qui montrera le plus d’enthousiasme et d’engagement. MySIMAX veut créer une génération de jeunes qui seront dans la une des journaux économiques et technologiques de demain. Et tous ensemble, nous y arriverons.

Un mot de fin à l’endroit des jeunes investisseurs africains. Quels sont les secteurs dans lesquels vous les encouragerez à s’impliquer ?

Investissez dans les nouvelles technologies et dans les technologies essentielles telles que celles liées à l’agriculture ; dans nos jeunes qui créent des projets dans leurs chambres d’étudiants. Ils ne sont peut être pas encore structurés mais ils auront la passion nécessaire pour mener à bien leurs projets, sous votre leadership. Laissez leur une chance de se tromper, car débuter un projet c’est d’abord faire un pas vers l’avant, vers l’avenir. Donner la chance aux jeunes car ils seront faire sauter les barrières dont nous sommes encore les victimes. Comme disait Steve Jobs : « ce sont ceux qui sont assez fous pour penser qu’ils peuvent changer le monde, qui y arrivent ! ».

Nous sommes un géant qui sommeille. Réveillons nous.

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