Societé

Réligion : A qui profite la dime ?

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Après sa raison d’être, l’un des débats de société qui fait couler beaucoup d’encre et de salive ces derniers temps est celui de la destination de la dîme. Débat dans lequel chacun joue sa partition. Si le pasteur français Michel Chiner, comme une certaine opinion, considère qu’elle a pour objet l’entretien des lieux de prière et la rémunération des ministres du culte, a contrario, d’autres pensent que beaucoup de serviteurs de Dieu s’en accaparent à leur propre profit allant jusqu’à déclarer qu’elle n’a plus lieu d’être. Chaque camp livre sa vérité ingurgitée et reprise par les fidèles. Paradoxalement, le point de convergence des protagonistes est la Bible.

 

Tous s’appuient sur un ou plusieurs versets bibliques pour étayer leur point de vue. Cette discordance sème le trouble dans les esprits. D’aucuns évoquent des écrits de l’Ancien Testament et les autres ceux du Nouveau Testament ou encore les deux. Les premiers estiment qu’Abraham leur père donna la dîme de tous ses biens à Melchisédek et que les Chrétiens doivent en faire autant. Ils fondent leur message en reprenant la Parole de Dieu : « Un homme trompe-t-il Dieu ?…Dans les dîmes et les offrandes… Apportez à la maison du trésor toutes les dîmes… Celui qui sème peu moissonnera peu ». Mais les prédicateurs comme le Congolais Shora Kuetu estiment que la dîme d’aujourd’hui est une escroquerie. Elle relèverait, d’après lui, de l’Ancien Testament, donc de la loi, alors que nous sommes dans le temps de la grâce par l’Esprit de Dieu.

 

Instructions sur la collecte

 

Au début de l’Église, il nous est dit que les croyants apportaient des dons en nature pour nourrir les pauvres de la communauté. Aujourd’hui, quel que soit le continent, la dîme sert à couvrir les besoins de l’église. Elle ne sert plus seulement à secourir les nécessiteux mais permet aussi de faire face aux frais de fonctionnement des lieux de culte. Cette contribution permet également de financer les charges de consommation d’énergie et celles liées à l’administration. Et au-delà de cette indispensable solidarité matérielle, elle est un acte spirituel et un symbole d’obéissance.

 

Les tenants du requiem de la dîme en sont arrivés à vouloir sa suppression au regard des abus constatés ça et là alors que Dieu demande aux Chrétiens de donner sans contrainte. Par ailleurs, des investigations bibliques nous apprennent que pour Dieu, donner de l’argent dans sa maison alors qu’on ne parvient pas à honorer ses dettes, payer son loyer ou ses impôts est purement insensé. « Nous recherchons ce qui est bien, non seulement devant le Seigneur, mais aussi devant les hommes… Et la bonne volonté, quand elle existe, est agréable en raison de ce qu’elle peut avoir à sa disposition, et non de ce qu’elle n’a pas ». Nombreux sont ceux qui se sont vidés les poches au prétexte d’aider Dieu et qui n’ont jamais eu le renvoi d’ascenseur escompté car « Dieu se pourvoit lui-même », comme Abraham l’apprendra à son fils Isaac et que répètent les anti-dîme.

 

Il ne peut par conséquent être redevable à un homme contrairement à ce qui se dit dans certains lieux de prière. N’est-il pas écrit quelque part : « Qui lui a donné le premier, pour qu’il ait à recevoir en retour ?…De qui suis-je le débiteur ? Sous le soleil tout m’appartient ». On ne donne pas au divin par intérêt. Il n’est pas un homme. La dîme est donnée par obéissance à Dieu et pour l’amour de son prochain.

 

Ceux qui travaillent pour l’Évangile vivent de l’Évangile

 

En réalité, Dieu tient toujours à ce que l’homme soit irréprochable devant les hommes et devant Lui-même. C’est pourquoi Il souhaite que ses serviteurs ne soient ni incriminés ni à l’origine de scandales ou des défections. Les serviteurs de Dieu sont tenus de demander avec douceur, sagesse et discernement comme cela se fait dans l’Eglise catholique. Saint-Paul dira que « Jamais nous n’avons eu la cupidité pour mobile… Que chacun donne comme il l’a résolu dans son cœur, sans tristesse ni contrainte ».

 

Du reste, si la manière de demander aux croyants laisse parfois à désirer, que « celui qui donne le fasse avec libéralité ». Comme jadis, la dîme sert aujourd’hui à entretenir les églises, venir en aide à ceux qui sont dans le besoin à travers par exemple des structures telles que les banques alimentaires et à rémunérer les travailleurs. Toutefois, la volonté divine est que celui qui paye la dîme qui a une histoire, un but et un sens, ne reste pas sur la paille. Car Dieu est un Dieu « Capable ».

 

Franck CANA

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