Jeunesse et emploi

Togo : Des agents de santé profondément indignés par les propos du Premier Ministre

 personnel de  santé

Le Chef du Gouvernement Arthème Ahoomey-Zunu, ministre de la santé, lors d’une visite surprise lundi 02 février dernier au CHR Lomé Commune, a constaté la paralysie des services à cause d’un mot d’ordre de grève lancé par la Synergie des travailleurs du Togo (STT) dans le cadre de leurs revendications. Face à ce constat, le Premier Ministre très furieux, a proféré des propos menaçants à l’endroit des agents de la Santé, ceux de l’éducation et des responsables de la Synergie. Les agents de la santé profondément courroucés, se confient aux confrères de Kusasanews, qui ont effectué le déplacement vers le CHU Sylvanus Olympio ce mardi 03 février.

 

Que de paroles révoltantes a rapporté l’équipe de reporter de nos confrères de Kusasanews qui s’est rendu auprès des agents de santé du CHU Sylvanus Olympio.

« Ahoomey-Zunu se prend pour qui pour nous menacer en ces termes ? C’est une provocation intolérable. Pourquoi s’intéresse-t-il seulement aux trucs aléatoires ? Est- ce qu’il imagine un peu les conditions dans lesquelles nous travaillons ici ?

Tenez monsieur le journaliste, le rythme de travail ici est infernal. Tout le matériel de travail est usé, alors que l’hôpital même n’en achète pas. Ils attendent seulement qu’on leur fasse des dons de matériels qui ont été déjà utilisés ailleurs. Des matériels qui sont hors d’usage et que les gens veulent s’en débarrasser, c’est ça qu’on nous amène ici et on organise des cérémonies de réception en grand pompe, on crie sur les toits qu’on a enrichi les hôpitaux de nouveaux matériels de travail, alors que les trucs ne sont même pas bons. Avec notre rythme de travail, au bout d’une semaine, ces appareils sont inutilisables », avait déclaré un agent.

«Regardez dans les couloirs, vous voyez toutes ces femmes enceintes à terme couchées à même le sol, par faute de bancs ? Suivez-nous au bloc et vous verrez que nous examinons aussi des femmes à même le sol. Il n’y a pas suffisamment de lits pour les mettre dessus.

Et à la fin, nous avons mal aux reins, puisqu’on fait tout en position accroupie… Regardez vous-mêmes le vrai visage de l’hôpital togolais en 2015 ! Est-ce qu’on peut bien soigner les gens dans ces conditions ? Quand on leur parle, ils politisent tout. Ils ne voient même pas la souffrance du peuple », poursuit un autre avec consternation et colère.

Ailleurs dans un autre département de soin, un professionnel de la santé s’exprime en ces termes : « Si nos hôpitaux étaient bons, lui-même quand il était malade, pourquoi il ne s’est pas fait soigner au pays ? En responsables conscients, arrangez vos hôpitaux pour qu’on donne des soins adéquats aux patients. On peut tout traiter ici sur place s’il y a des moyens. Les gens tombent malade, ils fuient leur propre pays pour aller se faire soigner en Europe. Alors que ceux qui sont en Europe ne connaissent pas tout ce qu’on appelle maladie tropicale.

Les trucs s’aggravent ici avant qu’on court vers l’Europe, alors que les Blancs traitent les maladies dès qu’elles se déclenchent. Mais c’est quand la maladie atteint un stade qu’on appelle historique que l’africain court vers les hôpitaux européens avec tous les risques que cela comporte. » Son collègue lui arrache la parole :

« Je vais vous faire une confidence. Quand le Premier Ministre était évacué en Europe pour suivre l’opération chirurgicale à la suite de son appendicite, le premier chirurgien qui devait l’opérer a failli aggraver son cas, voire le tuer carrément. Je suis sérieux ! Le jeune chirurgien, suivant les nouvelles techniques modernes voulait lui faire ce que nous appelons ici « petite souris ». Il a fallu la prompte réaction d’un médecin africain pour attirer son attention sur la spécificité du cas qui doit être traité comme cela se fait en Afrique. Vous voyez le risque que nos gouvernants prennent en refusant d’équiper nos hôpitaux?».
Tout le corps des professionnels de la santé dans tous les hôpitaux publics du pays, sont vraiment en colère contre le Premier Ministre Arthème Aoomey-Zunu.

Toutefois, chacun était à son poste ce mardi 03 février 2015 sauf quelques absents pour des raisons autres que le mot d’ordre de grève de la STT.

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