Interview - Analyse

Prof. Gbikpi-Benissan :  » Tant qu’il n’ y a pas d’unité syndicale, il y aura …

Prof. Gbikpi-Benissan
Depuis le 22 septembre 2015, tous les regards sont tournés vers Atakpamé, dans le cadre de la  5è édition de Forum Solidarités Sociales des Travailleurs du Togo (FSSTT) dont les travaux se déroulent autour du thème : « Protection sociale, dialogue social et démocratie : 3 facteurs clé pour la paix sociale et le développement humain durable en Afrique ».  Les panels de communication aussi riches que diverses, suscitent de vifs débats qui s’animent à l’Évêché. Cela démontre  l’intérêt particulier  que revêt cet cadre d’échanges auprès des participants venus du Bénin, de la Cote d’Ivoire, de la Guinée, du Mali, du Niger, du Sénégal, de la Belgique et du Togo.  « Dix ans des FSTT : Ce que je sais, ce que témoignent les acteurs », voilà le tout premier panel qui a retenu l’attention des acteurs du monde syndical, présenté par le Prof. Norbert Gbikpi-Benissan (photo).  Plus de détails avec l’intervenant dans cet entretien. Lecture… 
 
Que retenir des 10 ans du Forum Solidarités Sociales des Travailleurs du Togo?
C’est parfaitement bénéfique. Primo, l’orientation, les objectifs de ces fora, c’est quelque chose dont le Togo a besoin.  Il y a des aspects politiques extrêmement importants dont nous devons débattre. Secundo, cette initiative de SADD qui est à sa 5è édition au Togo, si elle a duré 10 ans, cela veut dire que ça marche. Tertio, le suivi des décisions, les comités qui sont mis en place à la suite de ces fora, ne marchent pas. L’apport des fora, ne sera complet que lorsqu’il y aura un suivi, lorsque les acteurs s’investiront dans le suivi des décisions, des plans d’action qui sont montés à partir des fora. Et il faut que les fora continuent, il faut que les organisations syndicales, les centrales, les associations puissent s’investir davantage dans le prolongement de ce forum.
Quel est l’impact réel de ce forum sur la vie des travailleurs togolais?
 
Les discussions sont extrêmement importantes dans le monde du travail. Les fora amènent de l’eau au moulin et contribuent à ce que nous essayons de faire au niveau syndical à savoir à l’unité d’action. Et j’insiste sur cette unité car tant qu’il n’ y a pas d’unité syndicale, de consensus sur les actions à mener en faveur des travailleurs, eh bien, il y aura des dispersions, des distractions, des digressions politiques. Mais, l’unité d’action sur la solution de problème qui sont les problèmes de tous les travailleurs, c’est de ça nous avons besoin. Donc l’impact, c’est  que les fora ont permis de mettre ensemble des centrales syndicales qui regroupent en leur sein des travailleurs, lesquels rencontrent les mêmes problèmes. Et c’est ça le plus important des résultats de l’action de l’Ong SADD dans l’organisation de ces fora.
Cela fait cinq ans que ce forum se tient au Togo, comment expliquez-vous que la situation des travailleurs togolais n’a guère changé?
 
Vous savez, la situation des travailleurs dans tous les pays, d’ailleurs, dépend d’un certain nombre d’éléments qui sont des éléments politiques, qui sont des éléments internationaux. Vous ne pouvez pas parler de la situation des travailleurs dans n’importe quel pays, sans parler des diktats des institutions financières internationales sur la question de la dette, sur la question des plans et autres. Cette fameuse dette, cette prétendue dette tue ! Car ça agit sur le pouvoir d’achat de la population. C’est pourquoi, nous insistons sur le fait qu’il faut faire participer le peuple à l’élaboration du budget, et c’est ce qui s’appelle le budget participatif.
 
Qu’est-ce qui justifie la participation des organisations syndicales des autres pays?
Le monde est tel maintenant que, dans un pays, les problèmes des travailleurs sont les mêmes que ceux des autres pays. Par exemple, ce qui est arrivé au Burkina Faso, peut arriver dans d’autres pays de la sous région et dans le reste du monde. C’est pourquoi, il est donc important de mettre l’accent sur la solidarité qui consiste à faire prendre au cours de ce forum, une motion de soutien  au peuple burkinabé. Donc, la solidarité est extrêmement importante car c’est l’union qui fait la force des syndicats.

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