Societé

Yves Dossou : « Il faut que WACEM cesse de nourrir notre gouvernement »

Cela fait une vingtaine d’années que les droits des travailleurs de WACEM sont mis à rude épreuve. Les conditions de vie et de travail des employés de cette société de fabrication du clinker, installée à Tabligbo (environ 80 km de Lomé), demeurent exécrables : absence de protection sociale,  de contrat en bonne et due forme, longues heures de travail avec un salaire avorton en dessous du SMIG, la santé et la sécurité n’étant pas garanties, etc. Face à l’arbitraire et aux chantages de l’employeur, et dans la logique de renverser cette situation qui perdure depuis des années, 1 148 travailleurs de Wacem, Fortia et Paper Bags, ont opté pour une cessation pure et simple du travail. Et ce, depuis 56 jours.

Face à cette situation qui n’est pas de nature à réjouir qui que ce soit, les responsables de l’Ong Solidarité et Action pour le Développement Durable (SADD), sont montés au créneau pour la nième fois, pour dénoncer la « méchanceté » et le « dilatoire » érigés en règle par les employeurs de ces sociétés.

Pour rappel, une mission de SADD, conduite par son Codonateur général, Yves Dossou, s’est rendue du 28 au 29 novembre derniers dans la ville de Tabligbo pour prendre connaissance des « difficiles conditions » de vie endurées par ces travailleurs.

Dans son rapport, il relève que les droits de ces employés sont piétinés sous le regard impuissant des autorités en charge de ce secteur.

A Wacem, une dizaine d’ouvriers se partagent la modique somme de 70 F CFA en chargeant une tonne de clinker, la même tonne étant déchargée à Lomé au prix de 500 F CFA ; les gifles sont monnaie courante; les accidents de travail ne sont ni pris en charge ni indemnisés ; en état d’incapacité et d’invalidité dument constaté par un médecin, les gens sont purement et simplement licenciés, etc. Voilà entre autres cas de violations flagrantes des droits de l’Homme au sein de cette société. Et la liste n’est pas exhaustive.

Pour le premier responsable de SADD, les autorités togolaises sont complices de cette situation qui prévaut à Wacem.

Dans un élan de solidarité, M Dossou appelle le chef de l’Etat, le premier citoyen du Togo, à instruire le Premier ministre à peser de tout son poids afin que cela s’arrête.

Il demande expressément à M Faure Gnassingbé à « interdire aux membres du gouvernement et aux députés de ne plus céder aux tonnes de ciments et aux cadeaux de Wacem en guise de récompense pour services rendus.

« I feed your governement », entendez par : « Je nourris votre gouvernement », voilà comment raisonnent les employeurs de Wacem.

« Il faut que Wacem cesse de nourrir notre gouvernement et se conforme plutôt à la législation sociale en vigueur dans notre pays pour que la dignité du travailleur togolais soit respectée. Il faudrait que ça s’arrête parce qu’il semble que c’est cet état de choses qui fait perdurer la situation », a martelé le Coordonnateur de SADD.

Dans les prochains jours, l’Ong SADD entend faire un don de vivres et de non vivres aux 1 148 travailleurs de Wacem, Fortia et Paper Bags, qui demeurent sans revenus depuis 56 jours. Avis donc aux bonnes volontés, aux sociétés de la place, à soutenir cette cause noble.

 

Publier un Commentaire