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Roman : l’écrivain béninois Florent couao-zotti signe une intrigue palpitante dans …

Florent Couao-Zotti 2

Affolant, brillant, cru, délirant, époustouflant, fichtre et génial pourrait bien être le résumé alphabétique du dernier roman de Florent Couao-Zotti, « La traque de la musaraigne ». L’auteur y dépeint une chasse à l’homme sans pitié entre Jésus Light et son épouse Pamela Palmer, au travers de laquelle vient s’interposer Stéphane Néguirec, un Breton Blanc amoureux du large et des horizons lointains.

 

Bad boy ghanéen, Jésus Light se lance à la poursuite de sa femme qui a réussi à fuir avec le butin d’un hold-up à la General Bank of Investment d’Accra au Ghana, environ huit cent mille dollars. Elle a immédiatement quitté son pays pour le Bénin afin de se faire oublier quelques temps. Toutefois, le malheureux Jésus qui avait reçu dans la fesse une balle, provenant d’une arme à feu de la police lors du braquage, doit d’abord se soigner. Une fois guéri, il suit son intuition et se rend également au Bénin.

 

C’est dans une écriture pleine de néologismes et de libertés grammaticales que le souffle du lecteur est retenu. Un polar où l’inattendu se met en scène du début à la fin. Lauréat du prix Ahmadou Kourouma en 2010, détenteur d’une riche bibliographie comprenant entre autres « Ce soleil où j’ai toujours soif », l’auteur nous livre ici une traque étonnante.

 

L’aventurier-poète Stéphane Néguirec débarque à Cotonou et croise la route de l’irrésistible Pamela. Après un mariage blanc imposé par Pamela contre une fortune en billets verts, l’union sera finalement consommée. « Son déhanché, servi par des rondeurs toutes en volume lui parut d’une finesse inouïe avec la raie fessière souriante. Le breton s’installa entre ses jambes, la jeune femme s’écarta et s’offrit ». Le couple désormais marié, connaîtra une véritable descente aux enfers.

 

De son côté, Light ne rencontrera pas meilleure fortune dans cette chasse à la femme de sa vie : une épouse battue qui avait préféré prendre le large après trois années de calvaire dans un foyer où « le sexe se consommait pour les deux aussi bien dans la violence que dans la douceur, dans les morsures que dans les câlins. » Paméla, n’en pouvant plus, fit donc le choix de partir pour espérer vivre un véritable amour.

 

C’est une œuvre écrite avec jubilation et dans laquelle la pudibonderie est laissée au placard. Tous les héros de ce livre vont endurer poisse et traquenard jusqu’à l’improbable face-à-face entre le traqueur et la fugitive, pour le meilleur et pour le pire.

 

Franck CANA

 

« La traque de la musaraigne » de Florent Couao-Zotti, éditions Jigal, 215 pages, 17 euros.

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