Societé

L’ASVITTO met à nue l’opération entonnoir 2

Image violence policier et population de Lomé

Émouvant ! L’association des victimes de tortures du Togo n’est pas d’avis avec les forces de l’ordre  quand ils commettent des bavures contre les vendeurs de carburant frelaté. S’il est connu que le trafic de carburant est illégal, cela est d’autant plus vrai qu’à chaque contrôle policière on ne cesse d’enregistrer des morts, blessés par balles, des tortures et des personnes détenues dans des conditions inimaginables.

La même scène s’est produite au cours de l’ opération ‘’Entonnoir 2’’ à Dapaong le dimanche 09 Avril 2017 faisant au moins un (1) blessé et six (6) personnes arrêtées selon le communiqué de l’ASVITTO qui est parvenu à notre Rédaction. L’opération entonnoir  2 a été   instaurée dans un souci de protection des populations. Mais aujourd’hui, les policiers en font à leurs têtes en la transformant à un terrain de combat, un ring entre eux et les vendeurs de carburant.

 

Un bilan meurtrier

Si la fameuse opération entonnoir semble dénudée d’idées macabres, elle ne l’est en aucun cas et en aucune manière. Ce que prouve à suffisance  la panoplie d’incidents enregistrés à Kara (400km Nord de Lomé), à Kanté (450km Nord-est de Lomé) et dans bien d’autres localités du pays.

D’autres faits sont  encore frais dans les mémoires.  « En septembre 2016, Sieur AGBANTI GBANDI a été assassiné à Agoenyévé (Banlieue Centre-nord de Lomé) laissant une veuve et des orphelins.Dans le mois de Janvier 2017, Sieur Kokou a également perdu la vie lors de la même Opération à Aného dans la préfecture des Lacs à 30km de Lomé la capitale laissant également une famille derrière lui sans oublier les nombreuses victimes de torture dans les quartiers Vakpossito et Adidogomé (Banlieues Nord-ouest) de Lomé et les nombreux dégâts du matériel roulant des forces de l’ordre et de sécurité qui ont coûté très cher au contribuable » relate le communiqué.

 

«  L’on n’a pas cessé d’enregistrer des bilans généralement amers et douloureux que la mise en œuvre de ce décret a causé aux populations Togolaises à savoir les nombreuses pertes de vies humaines et des dégâts corrélatifs inestimables » lit-on. L’opération entonnoir se caractérise par «  l’usage d’armes à feu, les bastonnades, les violations de domiciles, la chasse à l’homme et par des comportements inouïs et abjects entrainant des conséquences affreuses et horribles dont les victimes sont  souvent les populations civiles et quelques rares fois certains éléments des forces assignées à l’opération » souligne l’association de défense des victimes de tortures.

L’ASVITTO conclut que l’application du décret créant l’opération entonnoir  « semble plus destructrice que préventive et c’est pourquoi, se référant à la Constitution Togolaise, et en son article 13 qui dit que : « l’Etat a l’obligation de garantir l’intégrité physique et mentale, la vie et la sécurité de toute personne vivant sur le territoire national. Nul ne peut être arbitrairement privé ni de sa liberté ni de sa vie», l’association déplore le fait que la protection des citoyens ne soit pas mise au centre des préoccupations dans l’exercice de cette opération ».

Les  autorités sont conviées à  « une possible solution qui va dans le sens d’une régularisation du secteur combinée à une disposition sécuritaire rigoureuse pour éviter ces bavures quasi-quotidiennes ».

Enfin, les Directeurs généraux de la Police, de la Gendarmerie et des Douanes sont appelés à mettre de l’eau dans leurs vins en repensant  l’opération  et surtout à remettre en liberté les six (6) personnes arrêtées et une prise en charge du blessé en parlant du cas de Dapaong.

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