Societé

Droit de l’homme/ Togo : l’ASVITTO trouve qu’il y a péril en la demeure

Dans quel type de pays sommes-nous ? Une monarchie ? Une jungle ou une démocratie ? Même si l’on n’ose pas attribuer tel ou tel adjectif, il faut reconnaitre que la Terre de nos aïeux est loin d’être une démocratie. Les associations internationales de défense des droits humains condamnent très souvent les crimes commis lors des manifestations publiques ou encore dans la répression à la vente de carburant frelaté. Ailleurs, c’est des mises en garde qui pleuvent sur les   autorités quant à la libération  de détenus politiques. Les droits de l’homme sont violés au quotidien, des citoyens tombent dans des accrochages avec la Police comme si c’était en Palestine. Les forces de l’ordre au Togo sont caractérisées par une brutalité incomparable et c’est justement ce que dénonce l’ASVITTO. Le 26 avril dernier, c’est-à-dire la veille de la célébration des 57 ans d’indépendance du pays, la garde présidentielle a empêché un membre de l’ASVITTO pourtant en possession d’une carte d’invitation à prendre part à une rencontre du Haut-commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’unité nationale (HCRRUN). Le contexte est simple : le HCRRUN est sensé conduire le processus de réconciliation nationale qui est à l’étape d’indemnisation des victimes de crises sociopolitique de 1958 à 2005. Nous publions ici un extenso,  le communiqué de l’association défenseur des victimes de tortures.

 

ALERTE DE L’ASVITTO RELATIVE A L’EXPULSION DE LA SALLE D’UN DEFENSEUR DES DROITS DE L’HOMME PAR LA SECURITE PRESIDENTIELLE LORS DE LA CEREMONIE D’EXPOSITION ORGANISEE PAR LE HAUT COMMISSARIAT A LA RECONCILIATION ET AU RENFORCEMENT DE L’UNITE NATIONALE (HCRRUN) LE 26 AVRIL 2017 A L’HOTEL RADISON BLU

 

L’ASVITTO s’inquiète des menaces réelles et avérées sur ses responsables et sur tous ses membres et condamne la violation du droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales universellement reconnus.

 

Fidèle à ses principes de respect et de considération aux valeurs des institutions républicaines, l’ASVITTO a répondu favorablement au courrier d’invitation du HCRRUN pour la cérémonie d’Exposition du 26 avril dernier à l’hôtel Radison Blu et a été représentée par le Vice-Secrétaire Général M. BAOUNA MANDABOUWE. Après avoir intégré la salle où devrait se dérouler la rencontre près d’une demi-heure avant l’arrivée des officiels, le représentant de l’ASVITTO a été spécialement interpellé par les éléments de la sécurité présidentielle présents sur les lieux et qui étaient sous les ordres du Colonel TCHAKPELE, a été curieusement  sorti de la salle et sommé de quitter les lieux avec une brutalité et une arrogance bestiale des militaires malgré la présentation de la carte d’invitation du HCRRUN.

Au-delà de l’inculture démocratique et de l’incivilité reconnue de nature aux forces de l’ordre et de sécurité Togolaises, la fixation affichée par les éléments de la sécurité présidentielle sur le Vice Secrétaire Général de l’ASVITTO devrait attirer l’attention de toute personne et il y a lieu de s’inquiéter sur la forme et le niveau élevé de la menace.

A cet effet, l’ASVITTO vivement préoccupée lance d’abord une alerte à l’endroit de toutes les organisations internationales de droits de l’homme vis-à-vis de la violation de la déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales universellement reconnus.

 

Elle interpelle ensuite le Chef de l’Etat et le ministre de la sécurité à prendre des mesures urgentes et nécessaires pour la protection des responsables et membres de l’association, et aussi de tous les défenseurs des droits de l’homme au Togo.

Enfin, l’ASVITTO convie les autorités gouvernementales à «renforcer la formation et la sensibilisation des principaux acteurs sociaux sur les normes internationales des droits de l’homme » et de «faire en sorte que les violations commises par des membres des forces de sécurité fassent l’objet de poursuites judiciaires », conformément aux recommandations de l’Examen Périodique Universel (EPU 2016).

 

Fait à Lomé, le 02 Mai 2017

 

Pour l’ASVITTO

 

Le Président

 

ATCHOLI KAO Monzolouwè

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